À l'aube de l'âme,
Aube des yeux,
Aube des foisonnements de la pensée
Crépuscule des ténèbres,
Crépuscule des néants,
Des limbes, des brouillards
Enfin naissance des sens :
Ouverture sur le monde
Des paupières qui s'entrouvrent ;
Une innocence qui fane
L'iris s'agite, les doigts se meuvent
Univers découvert : les poings se serrent
Rompre le charme
Ce qui jadis n'était vu (beauté de l'absence) ;
Ce qui jadis n'était su (éclipse de l'âme) ;
Au grand jour maintenant ne luit :
Ô vérité du regard ; nécessaire subissure
Voyez,
Plus de magie, plus de passe-passe
Le charme rompu :
La réalité nue, convulsive d'abjection
Le charme rompu ;
Quel enchantement, quelle sublime grâce!
Cette innocence – âtre des puériles joies –
Le charme rompu ;
Quel enchantement, quelle sublime grâce!
Innocence qui, dans son évanescence,
Évase le gouffre froid du Vrai :
Le charme rompu |